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L'Union africaine lance officiellement l'Agence africaine de notation de crédit (AfCRA), sa propre agence de notation de crédit, le 7 octobre 2026 à Maurice. L'article salue cette initiative, née de la conviction que les grandes agences internationales sous-notent structurellement les économies africaines, mais soutient que son véritable défi n'est pas la reconnaissance des marchés, encore moins prioritaire, mais la qualité et la validité des données statistiques disponibles, en particulier sur le secteur informel, aggravée par un contexte où deux agences africaines existantes viennent d'être rachetées par des groupes étrangers. L'article recommande à l'UA de faire de l'harmonisation statistique, en s'appuyant sur les chantiers déjà engagés par la CEDEAO et la CEMAC, un préalable au lancement, tout en interrogeant la cohérence de l'ambition d'émancipation informationnelle au regard des propres fragilités de gouvernance des institutions panafricaines. La reconnaissance internationale, conclut l'article, doit venir en conséquence d'un sérieux méthodologique construit dans la durée, et non être recherchée d'emblée.
Cet article interroge la légitimité de perpétuer toute tradition au seul motif de son ancienneté, en prenant l'excision comme cas d'étude en Afrique de l'Ouest. Il reconnaît d'abord ce que la tradition transmet de positif (savoir-faire artisanal, solidarité communautaire, autonomie économique féminine), avant de montrer que la même tradition peut aussi figer une inégalité de genre.
Sur le continent africain, certaines crises électorales ont été suivies de violences graves dont les conséquences ont, dans plusieurs cas, conduit à la mise en place de mécanismes de justice transitionnelle, comme l’illustrent les expériences du Togo, du Kenya et de la Côte d’Ivoire. Face à ce constat, de récentes initiatives continentales cherchent à outiller la jeunesse africaine en amont, à travers les instruments de valeurs partagées de l’Union africaine, les mécanismes de résolution des différends et les outils numériques de mobilisation civique. Cet article examine trois de ces outils, l’approche par cycle électoral de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (ACDEG), les compétences de médiation communautaire et les stratégies numériques de sensibilisation, pour montrer qu’ils ne suffisent à prévenir de nouvelles crises que si la participation des jeunes cesse d’être symbolique.
Entre orpaillage artisanal informel et exploitations légales du sable, du phosphate ou du pétrole, l'Afrique de l'Ouest fait face à une même réalité sous deux régimes juridiques opposés : pollution des sols et des eaux, populations riveraines rendues malades, et un exode rural, transfrontalier ou interne, alimenté par le manque d'emploi formel. Cet exode fragmente les familles restées derrière, tandis que les territoires miniers eux-mêmes subissent une dégradation environnementale durable. L'article montre que la légalité d'une exploitation ne réduit ni son coût humain ni son coût environnemental, elle ne fait que déplacer la question de la responsabilité, sans que les États de la région parviennent, jusqu'ici, à y répondre efficacement.
Du Népal au Togo en passant par Madagascar, le Maroc et l’Inde, une même génération conteste des pouvoirs jugés corrompus et déconnectés, avec une grammaire commune faite d’horizontalité, de défiance envers les partis et d’usage stratégique du numérique. Mais cette grammaire partagée débouche sur des issues radicalement différentes, capture institutionnelle, absorption réformiste ou blocage pur et simple, selon la nature du pouvoir affronté plutôt que selon l’intensité de la mobilisation. L’article soutient que ce qui se joue dépasse la seule question numérique, c’est la capacité de la démocratie représentative elle-même à absorber une génération qui ne demande plus à être représentée mais à participer directement.
Cette tribune soutient que l’épargne locale, sous ses formes tontinières, associatives et coopératives, ne se limite pas à un rôle économique ou à une fonction de résilience communautaire. Elle constitue aussi un dispositif d’alerte précoce à part entière, capable de détecter des signaux faibles de dégradation sociale ou sécuritaire avant les mécanismes institutionnels dédiés. L’autrice plaide pour une articulation entre ces initiatives endogènes et les systèmes formels d’alerte, plutôt que pour leur remplacement ou leur marginalisation.