Le 25 avril 2026, une série d’attaques coordonnées d’une ampleur inédite a frappé simultanément plusieurs villes maliennes, dont Bamako, Kati, Mopti, Gao et Kidal. Ces assauts ont été menés par une alliance entre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), bras armé des indépendantistes touaregs. Les combats ont atteint le cœur du dispositif militaire de la junte : Kati, fief des forces armées maliennes, a été directement ciblée. La mort du ministre de la Défense Sadio Camara a été rapportée, tandis que des éléments d’Africa Corps auraient quitté certaines zones sous pression. La France, le Canada et le Royaume-Uni ont recommandé à leurs ressortissants de quitter le territoire malien. Ces événements constituent un tournant : ils signalent non seulement une recomposition des alliances armées au Mali, mais révèlent l’échec de la stratégie de reconquête militaire portée par la junte et ses partenaires russes depuis 2021.

Depuis le retrait des forces françaises de l’opération Barkhane en 2022 et la montée en puissance du partenariat entre la junte malienne et le groupe Wagner, le Mali traversait déjà une séquence de reconfigurations profondes qui interrogeaient la viabilité de son architecture sécuritaire. La prise de Kidal par les FAMa en novembre 2023 avait été présentée comme une victoire historique. Les événements du 25 avril 2026 démontrent brutalement que cette victoire était tactique et non stratégique. Le nord du pays demeure un espace de souveraineté fragmentée, et ce qui se joue désormais au Mali ne concerne plus seulement ce pays : c’est toute l’architecture sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest qui se retrouve aujourd’hui affectée.

Profondeur historique : islamisation, recompositions identitaires et dynamiques sahéliennes

Pour comprendre la crise malienne dans sa pleine dimension, il est nécessaire de la replacer dans le temps long. L’islamisation progressive du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest s’est opérée sur plusieurs siècles, par des voies multiples et non linéaires : commerce transsaharien, confréries soufies, djihads réformateurs aux XVIIIe et XIXe siècles. Ces processus ont produit des recompositions profondes des identités politiques, linguistiques et culturelles dans la bande sahélo-saharienne. Les empires du Ghana, du Mali et de Songhaï avaient déjà intégré des populations arabophones et berbérophones dans des configurations politiques multiéthniques stables. Ce qu’on observe aujourd’hui n’est donc pas un phénomène radicalement nouveau mais une réactivation, sous une forme armée et radicale, de dynamiques de longue durée. Ce que les historiens spécialisés ont documenté, c’est que la diffusion de l’islam au Sahel a toujours été accompagnée de recompositions des rapports de force entre communautés sédentaires et nomades, entre populations sahariennes et soudaniennes. Les groupes touaregs, arabes et berbères du nord du Mali ont historiquement entretenu avec les États centraux de Bamako des relations d’alternance entre intégration négociée et rupture armée. La rébellion de 2012 s’inscrit dans cette séquence longue, tout en y ajoutant une dimension transnationale et idéologique inédite portée par les réseaux djihadistes. L’erreur d’analyse serait de lire ces dynamiques comme un complot coordonné à l’échelle d’un monde arabe unifié. La réalité est plus fragmentée : des acteurs aux agendas distincts: séparatistes laïques, djihadistes transnationaux, trafiquants, États du Golfe exploitent les mêmes fractures sans nécessairement obéir à une stratégie commune. Il n’en demeure pas moins que ces dynamiques produisent un effet cumulatif dont les États sahéliens ne peuvent faire abstraction. La progression des groupes armés depuis le nord du Mali vers le centre, puis vers les périphéries du Burkina Faso et du Niger, suit une logique de remplissage des vides laissés par le retrait ou l’affaiblissement de l’autorité étatique. C’est cette logique et non une intentionnalité démographique qu’il convient d’analyser avec rigueur.

Un territoire en souveraineté discontinue

La proclamation de l’Azawad par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) en 2012 constitue le point de rupture fondateur de la crise malienne contemporaine. Elle résulte d’une conjonction de facteurs structurels et conjoncturels : l’afflux d’armements libyens consécutif à la chute du régime Kadhafi, la marginalisation historique des communautés touarègues par les gouvernements successifs de Bamako, et l’opportunisme tactique de groupes djihadistes qui ont temporairement utilisé la rébellion séparatiste comme levier d’expansion territoriale. Cette genèse composite invalide toute lecture monolithique de la situation. La notion de souveraineté continue est en pratique inopérante sur une grande partie du territoire malien depuis 2012. Ce n’est pas tant la superficie formellement contrôlée par l’État qui détermine sa légitimité que la qualité de la présence étatique dans les espaces dits sous contrôle : délivrance des services de base, présence administrative, accès à la justice. Des études de terrain menées par le Centre FrancoPaix et le Stockholm International Peace Research Institute montrent que cette présence demeure extrêmement lacunaire dans de larges portions des régions de Mopti, Ségou et Tombouctou. Les accords d’Alger de 2015, fruit d’une longue médiation internationale, étaient censés structurer une sortie négociée de la crise. Ils demeurent formellement en vigueur mais sont de facto vidés de leur substance depuis la rupture unilatérale de la junte avec les groupes armés signataires en 2023. Cette rupture a accéléré la recomposition des alliances armées dans la région, notamment le rapprochement tactique entre le CSP-PSD et le JNIM autour d’une opposition commune aux FAMa et à leurs partenaires russes. Les attaques du 25 avril 2026 incarnent précisément ce rapprochement : séparatistes touaregs et djihadistes ont coordonné leurs opérations à l’échelle nationale, ciblant simultanément le nord et le cœur politique du pays. Il convient également de distinguer les dynamiques du nord de celles du centre du pays. Dans les régions de Mopti et Ségou, la violence n’est pas principalement portée par des groupes séparatistes mais par une articulation complexe entre conflits agropastoraux préexistants, présence de katibas djihadistes et dynamiques de vengeance communautaire. Cette réalité du centre malien est analytiquement distincte de la question septentrionale et exige des outils conceptuels différents.

La recomposition des équilibres régionaux : AES, CEDEAO et le facteur Wagner

Le retrait de la CEDEAO : rupture institutionnelle ou repositionnement tactique ? Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO, formalisé en 2024 avec la création de l’Alliance des États du Sahel (AES), constitue un changement structurel de l’architecture sécuritaire régionale. En se positionnant hors du cadre d’intervention collective prévu par le Protocole de non-agression et d’assistance mutuelle de la CEDEAO, les trois États sahéliens fragilisent les mécanismes de réponse multilatérale aux crises sécuritaires transfrontalières. Il est important de rappeler que les apports de la CEDEAO ont été jugé insuffisant, quasi inexistantes et inefficaces. Ce que les dirigeants de l’AES présentent comme une émancipation du néocolonialisme s’analyse plus précisément comme un repositionnement tactique visant à soustraire leurs régimes aux conditionnalités démocratiques. Le maintien des contributions à l’Union africaine par ces mêmes États témoigne d’une instrumentalisation sélective du multilatéralisme : on quitte les organisations dont les mécanismes contraignent, on demeure dans celles dont les ressources servent. Cette posture crée des vulnérabilités nouvelles : la sortie du cadre CEDEAO prive les États de l’AES d’instruments de coopération sécuritaire opérationnels au moment précis où la menace djihadiste se redéploie vers les États côtiers. Bien qu’il faut rappeler que La CEDEAO ait adopté des plans d'action, y compris la création d'une force en attente pour contrer la menace croissante, son déploiement a souffert de lenteurs et de manques de financement.

Le partenariat avec Africa Corps : logique sécuritaire et économie politique

La présence du groupe Wagner rebaptisé Africa Corps depuis la mort d’Evgueni Prigojine en août 2023 au Mali ne représente pas une simple substitution de partenaire militaire. Elle s’accompagne d’une recomposition des circuits d’accès aux ressources aurifères du pays et d’une pression documentée sur l’espace civique. Plusieurs rapports du Panel d’experts des Nations unies sur le Mali ont signalé des violations graves des droits humains imputables aux FAMa et à des éléments paramilitaires russes, notamment lors des opérations de Moura en mars 2022. Africa Corps opère selon un modèle de concessions minières qui lui permet de financer ses opérations sans dépendance directe au budget de l’État malien. Cette autonomie financière réduit la capacité de Bamako à exercer un contrôle effectif sur les activités des paramilitaires russes et crée des zones grises dans la chaîne de commandement opérationnel. Les événements du 25 avril révèlent une limite supplémentaire de ce partenariat : confrontés à des attaques simultanées sur plusieurs fronts, des éléments d’Africa Corps auraient quitté certaines zones, soulevant des questions fondamentales sur la fiabilité opérationnelle de ce partenaire dans les moments de crise maximale.

Les limites d’une lecture ethnicisante

Toute tentative d’analyser la crise malienne sous le prisme d’un antagonisme racial ou d’une substitution démographique systématique se heurte à l’extrême complexité des identités locales et à la diversité des positions au sein de chaque communauté. Les Touaregs ne constituent pas un bloc politique unifié : certains combattent aux côtés des FAMa, d’autres ont rejoint le JNIM pour des raisons qui tiennent davantage à des calculs économiques qu’à une solidarité idéologique, d’autres encore maintiennent des positions autonomistes sans adhésion au projet djihadiste. Bilal Ag Acherif, figure du CSP-PSD, incarne une position séparatiste laïque radicalement différente de celle d’Iyad Ag Ghaly, chef du JNIM, dont le projet est d’abord théocratique et dont la base de recrutement est multiethnique. La coalition du 25 avril entre le FLA et le JNIM illustre précisément cette complexité : deux acteurs aux projets politiques opposés, unis par une opportunité tactique commune, et non par une identité partagée. La confusion entre appartenance ethnique et affiliation armée est non seulement analytiquement fausse, mais politiquement dangereuse : elle alimente des logiques de stigmatisation collective et de représailles communautaires qui aggravent le cycle de violence. Les violences intercommunautaires qui touchent le centre du Mali relèvent de dynamiques pastorales et foncières séculaires que la présence armée a exacerbées sans en être l’origine. La marginalisation économique, l’absence de l’État et la brutalité des forces de sécurité constituent les variables explicatives déterminantes, bien davantage que des appartenances confessionnelles ou ethniques. L’histoire longue de la région, faite d’échanges, d’alliances matrimoniales et de complémentarités économiques entre communautés sahariennes et soudaniennes, contredit toute lecture simpliste d’un antagonisme naturel entre populations.

** Le danger pour les États du Sahel côtier : une pression par report de populations**

La progression des groupes armés depuis le nord du Mali vers ses périphéries méridionales produit un effet que les États voisins ne peuvent ignorer : le déplacement forcé de populations civiles vers le sud. Mais ce déplacement ne saurait être lu comme un simple dommage collatéral de la violence. Il peut répondre à l’agenda même de ces groupes, qui visent une occupation progressive du territoire par le vidage préalable des populations qui l’habitent. La logique est celle d’une conquête par dépossession : rendre le territoire inhabitable pour ses occupants, les pousser vers les pays frontaliers, et s’installer dans l’espace ainsi libéré. C’est précisément la stratégie que révèle le contexte gazaoui, où la pression démographique exercée sur les populations de Gaza par Israël visait à les repousser vers l’Égypte afin de créer un fait accompli territorial. L’analogie n’est pas parfaite dans ses causes ni dans ses acteurs, mais la structure de la logique est comparable : le déplacement de population n’est pas un effet secondaire de la guerre, c’est un outil de la guerre. Dans cette perspective, les flux migratoires contraints vers la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Sénégal ne sont pas seulement une crise humanitaire à gérer ils sont le signe que la stratégie territoriale des groupes armés fonctionne. Ces déplacements saturent les capacités d’accueil des zones frontalières, créent des tensions avec les communautés hôtes, et constituent potentiellement des vecteurs d’infiltration pour des éléments armés dissimulés parmi les déplacés. Les États côtiers qui accueillent ces populations sans disposer de ressources adéquates se trouvent ainsi intégrés malgré eux dans la dynamique de déstabilisation régionale..

Le paradoxe de la solidarité au sein de l’AES : entre cohésion politique et piège opérationnel

La création de l’Alliance des États du Sahel a été portée par une rhétorique de solidarité entre pairs souverains, en rupture assumée avec les cadres de tutelle occidentaux et les conditionnalités de la CEDEAO. Dans cette logique, il serait attendu que le Mali, le Burkina Faso et le Niger se soutiennent militairement face à une menace commune. Certaines voix dans la sous-région font valoir que de la même façon que ces trois pays ont quitté ensemble la CEDEAO pour former l’AES, ils devraient se soutenir ensemble sur le plan militaire à l’instant où l’un d’eux est attaqué. Les événements du 25 avril au Mali mettront inévitablement cette solidarité à l’épreuve. Cette logique de solidarité est politiquement compréhensible. Elle est pourtant opérationnellement dangereuse dans le contexte actuel, et ce pour une raison fondamentale : aucun des trois États membres de l’AES ne dispose d’un excédent de capacité militaire. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger sont simultanément engagés sur leurs propres fronts intérieurs. Leurs armées nationales font face à des groupes armés présents sur l’ensemble de leurs territoires respectifs. Envoyer des troupes et du matériel vers un pays partenaire dans ces conditions ne constitue pas un acte de solidarité efficace c’est une ponction sur des ressources déjà insuffisantes qui affaiblit le dispositif défensif de l’État donateur sans nécessairement renforcer de manière décisive celui du bénéficiaire. Le risque est précisément là : un effectif réduit sur le front intérieur crée une fenêtre d’opportunité que les groupes armés savent identifier et exploiter. La progression djihadiste n’est pas frontale dans la majorité des cas elle est infiltrante, patiente, et tire profit des zones laissées sans surveillance. Les États du Sahel qui ont jusqu’ici réussi à maintenir les affrontements à leurs périphéries n’ont pas atteint ce résultat par hasard : c’est le produit d’un engagement continu de leurs forces de sécurité sur ces lignes de contact. Réduire cet engagement pour honorer une solidarité militaire extérieure, c’est risquer de voir la frontière intérieure s’effondrer et de laisser les groupes armés pénétrer au cœur du pays exactement ce qui s’est produit au Mali et que ces États s’efforcent précisément d’éviter. La solidarité au sein de l’AES doit rester pour le moment politique, diplomatique et en matière de renseignement partagé. La tentation de la solidarité militaire opérationnelle, si elle n’est pas calibrée avec une extrême précision, peut transformer une alliance en vulnérabilité collective. ** Solidarité sélective et mémoire courte : le cas béninois comme révélateur régional**

Un épisode récent illustre avec acuité les contradictions de la solidarité régionale en temps de crise. À la suite d’une tentative de coup d’État déjouée au Bénin, des commentateurs ont salué la rapidité de réaction de la Côte d’Ivoire et du Nigeria, qui ont apporté leur soutien aux autorités béninoises. La formule a circulé sur les réseaux sociaux : “voilà ce qu’on appelle de vrais alliés” une amitié qui se traduit par des actes concrets, non par des discours sur l’impérialisme. Cette lecture appelle plusieurs nuances analytiques importantes. Le Bénin n’est pas seul parmi les États côtiers à faire face à des menaces sécuritaires : le Togo et le Ghana sont confrontés aux mêmes pressions dans leurs régions septentrionales, et ces pays avaient jusqu’à une période récente développé des formes de coordination dans la gestion de cette menace commune. La mémoire courte qui efface cette solidarité préexistante pour ne retenir que l’épisode le plus récent dit quelque chose sur la façon dont l’opinion publique numérique construit ses récits : on ne se souvient que de ce qui nous arrange dans l’instant, en oubliant la trame longue dans laquelle les événements s’inscrivent. Ce phénomène de mémoire sélective est politiquement dangereux car il empêche une évaluation honnête des solidarités disponibles et de leurs limites. Il convient surtout de ne pas confondre deux types de menaces aux logiques radicalement différentes : une tentative de coup d’État et une attaque djihadiste ne sont pas le même phénomène et n’appellent pas les mêmes réponses. Un coup d’État est une menace politique interne et circonscrite, dont la neutralisation relève essentiellement du maintien de la loyauté des forces de sécurité et de l’activation de réseaux de soutien institutionnel. Une attaque djihadiste est une menace militaire diffuse, inscrite dans une stratégie de long terme, qui exige un engagement soutenu sur le terrain, une logistique complexe et une coordination entre de multiples acteurs sur une durée indéterminée. Appliquer la grille de lecture du premier au second, c’est risquer de sous-estimer fondamentalement la nature et la durée de l’effort requis. Le soutien apporté par la Côte d’Ivoire et le Nigeria au Bénin s’inscrit par ailleurs dans un cadre de partenariat militaire structuré, incluant des coopérations avec des forces étrangères déployées dans la région. Ce cadre offre précisément les garanties institutionnelles et la profondeur stratégique qui rendent ce type de réaction rapide possible. Il n’est pas reproductible à l’identique dans un contexte où ces mêmes structures de coopération ont été délibérément rompues comme c’est le cas pour les États membres de l’AES. La solidarité régionale est une ressource précieuse mais non illimitée. Sa mobilisation exige une lucidité sur la nature réelle des menaces, une mémoire honnête des engagements passés, et une évaluation rigoureuse des capacités disponibles non seulement de ceux qui reçoivent le soutien, mais aussi de ceux qui le donnent.

Perspectives : entre reconstruction institutionnelle et recomposition régionale

La stabilisation durable du Mali ne sera pas le produit d’une victoire militaire unilatérale. Les attaques du 25 avril 2026 en apportent la démonstration la plus brutale : après cinq ans de partenariat avec Africa Corps, après la reprise de Kidal, après l’expulsion de la MINUSMA et la rupture avec les accords d’Alger, la junte se retrouve attaquée simultanément sur cinq fronts au cœur même de son dispositif. L’expérience des quinze dernières années d’interventions montre que les gains tactiques obtenus par la force ne produisent pas de consolidation politique si les causes structurelles de la crise demeurent non adressées. Trois axes apparaissent déterminants. La réhabilitation des espaces de dialogue constitue le premier impératif. La rupture avec les accords d’Alger a privé le Mali d’un cadre de négociation imparfait mais fonctionnel. Toute perspective de stabilisation exige la reconstruction d’espaces de médiation ancrés dans des garanties internationales crédibles. La question du statut politique du nord entre décentralisation renforcée, autonomie élargie et fédéralisme doit être abordée sans tabou dans ce cadre.